Chams Diagne, Fondateur de Talent2Africa ‘’Les pays et les secteurs d’activité qui recrutent le plus en Afrique’’

Né et grandi au Sénégal, Chams Diagne a fait ses études supérieures en France et ses débuts professionnels dans le groupe Viadeo où il avait en charge le déploiement de Viadeo en Afrique. Après dix ans de services, Chams Diagne va entreprendre pour se lancer à son propre compte, en créant la plateforme Talent2Africa, spécialisée dans le recrutement de cadres africains pour les marchés africains. Dans cette interview qu’il a accordée à Bridges Builder, Chams Diagne revient sur le marché du recrutement des cadres en Afrique et des grandes tendances du e-recrutement sur le continent.

  • Quel est le business model de la plateforme Talent2Africa, spécialisée en e-recrutement; pour les entreprises qui recrutent en Afrique?

J’ai eu l’opportunité de revenir sur le continent africain par le biais du groupe Viadeo où j’avais en charge de développer son expansion en Afrique. A travers cette expérience de dix ans au sein du Groupe Viadeo en Afrique, j’ai pu identifier des opportunités dans le recrutement en Afrique. C’est ce qui m’a conduit à un moment donné, à tourner la page Viadeo au bout de dix années pour me lancer dans mon propre projet qui est Talent2Africa dont l’objectif initial était de mettre en relation les talents des diasporas africaines avec les entreprises qui recrutent en Afrique. Ensuite, nous avons élargi de plus en plus la cible et aujourd’hui nous sommes positionnés comme la plateforme panafricaine de l’emploi cadre en Afrique, aussi bien pour les africains résidants sur le continent comme ceux résidant hors du continent africain. Les recruteurs de manière générale et particulièrement en Afrique, , rencontrent trois types de problématiques. La première, c’est le Temps, car les recrutements prennent beaucoup de temps, en moyenne deux à trois mois. Ensuite, il y a la qualité, c’est-à-dire les profils qui sont sur le marché versus ceux recherchés par les recruteurs. Il se trouve que les entreprises sont souvent submergées par des candidatures, tant spontanées que publiées. Et il est difficile pour ses entreprises là, d’identifier des pépites dans cette masse.La troisièème difficulté que rencontre ces entreprises là, c’est le prix. En effet, toutes les entreprises ne peuvent pas faire appel à des cabinets de recrutement et de chasseurs de tête. Les entreprises qui ont cette puissance financière, le font pour des postes de très haut niveaux.Talent2Africa, a pour ambition d’apporter une réponse concrète, une solution qui résout ce type de problématique pour les entreprises avec lesquelles nous travaillons.

  • Comment vous vous y prenez, de manière opérationnelle, à travers Talent2Africa?

Le principal levier que nous utilisons à Talent2Africa, est le digital. Nous avons une connaissance et une expertise du digital et dans le domaine des réseaux sociaux en interne qui nous permet d’aller vite et de pouvoir identifier les meilleurs profils que nous faisons venir sur notre propre plateforme. Ensuite, nous avons digitalisé une bonne partie de nos process que ce soit pour les entretiens que ce soit pour les contrôles de références. Ce qui nous permet d’établir pour nos clients, des shorts list dans un délai d’une semaine et maximum de deux semaines. Là, c’est notre réponse à par rapport au temps et à la durée des recrutements. Ensuite, pour ce qui concerne la qualité, nous avons mis en place au niveau de notre plateforme, un process qui nous permet de préqualifier des candidats. Ce qui fait que le moment venu, on aura déjà gagné en qualité dans le profilage des candidats. Enfin, pour le coût, nous avons pour ambition de démocratiser la chasse de têtes. Ce qui fait que les coûts de Talent2Africa sont trois à quatre fois moins chers que les coûts de marché.

  • Talent2Africa, recrute t-il seulement pour les grandes entreprises en Afrique?

En plus des grandes entreprises en Afrique, Talent2Africa travaille avec les PME. Nous voulons aussi avoir un impact socio-économique en Afrique, c’est pourquoi de plus en plus, nous nous tournons vers les petites et moyennes entreprises, pour apporter un début de solution au chômage des jeunes diplômés. C’est ainsi que nous rendons notre offre accessible, de sorte à faire éviter aux entrepreneurs et dirigeants de PME en Afrique, les coûts d’un mauvais recrutement qui peuvent être très élevés et qui peut avoir un impact négatif sur le développement de leur organisation. Si bien que pour les multinationales tout comme pour les entreprises de taille moyenne que pour les petites entreprises, l’offre de Talent2Africain, est donc une combinaison du digital et de l’humain. Pour aller plus vite, mieux et avec des coûts accessibles à tous.

  • Quel est le profilage des utilisateurs de Talent2Africa: les profils les plus recherchés, les secteurs d’activités les plus recruteurs, les pays à travers lesquels les entreprises recrutent le plus?

Talent2Africa est généraliste. Nous travaillons sur une cinquantaine de pays sur le continent avec un portefeuille d’une centaine de clients. Nous développons des standards et des process internationaux. Avant la crise du coronavirus, les secteurs d’activités qui recrutent le plus en Afrique, sont essentiellement les Assurances, les BTP, Énergies renouvelables, l’Industrie pharmaceutique, la Finance, les Télécoms et les IT en termes de métier. Aujourd’hui, suite à la crise, toutes les cartes seront rebattues puisqu’il va y avoir un impact très fort dans les recrutements qui sera totalement en baisse. Actuellement, ce sont les ONG qui recrutent le plus et le secteur de l’IT avec un cap forcé vers le digital. Ce qui va sans doute ressortir dans les prochains mois, c’est le recrutement de profil plus expert dans tous les domaines, plutôt que des recrutements de profils débutants. Les ¾ des membres de Talent2Africa sont francophones et l’autre quart, anglophone. S’agissant des profils, c’est essentiellement les financiers, les marketeurs, les ingénieurs dans le digital et en génie civil, les commerciaux. S’agissant des pays qui recrutent le plus en Afrique, c’est d’abord l’Afrique du Sud, le plus grand marché en matière de recrutement sur le continent. Ensuite, arrivent des pays comme le Kenya, le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et l’Afrique centrale.

  • Quels sont les prochaines étapes pour Talent2Africa

Nous avons déjà levé des fonds il y a plus d’une année. Cela a été très encourageant et on a pu en faire beaucoup de choses. Nous préparons une nouvelle levée de fonds très prochainement pour avoir une présence sur de nouveaux marchés sur le continent.

Propos recueillis par Siré Sy

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