mPharma

L’application qui connecte hôpitaux, pharmacies, médecins et patients

A l’âge de 12 ans déjà, il rêvait de trouver un remède pour vaincre le sida. A 15 ans, il fonda une association à but non-lucratif pour aider les enfants atteints du virus du sida au Ghana. Il n’avait pas donc jamais eu l’intention d’être une entrepreneur à proprement parler, mais il a été toujours été dans l’action et il était persuadé que s’il voulait avoir un impact sur les problèmes économiques et sociaux dans son pays, il lui fallait monter un business pour avoir les moyens de financer mes ambitions. Et ce business, ce sera l’application mPharma qui verra le jour en 2013, quand il aura 21 ans. Il, c’est l’africain de nationalité ghanéenne, Grégory Rockson (29 ans) qui rêvait de devenir prêtre ou médecin, mais qui est devenu, par la suite d’un fait divers, un entrepreneur tech qui vit désormais entre le Ghana, Israël et les USA.

mPharma, est fondé en 2013 par l’entrepreneur africain de nationalité ghanéenne, Gregory Rockson (29 ans), par ailleurs fondateur de ‘’Six Days of Peace’’ au Moyen Orient à Copenhague en 2011, pour rapprocher les diplomates palestiniens et israéliens. Grégory Rockson a grandi à Tema, une ville côtière à 25 km d’Accra au Ghana. Il a déménagé aux Etat-Unis en 2009 à l’âge de 16 ans pour y étudier. Il sera ensuite au Danemark à l’université de Copenhague et retournera au Ghana en 2013 pour lancer mPharma après avoir passé deux autres années aux Etats-Unis. Au pays de ‘’Uncle Sam’’, Grégory va passer des entretiens avec de grandes entreprises de la Silicon Valley comme Google. C’est dans sa quête de fortune dans la Silicon Valley que Grégory mesurera toute sa passion pour son pays, le Ghana. Pour son continent, l’Afrique.

Le déclic qui va donner naissance à l’idée de mPharma

‘’Il y a beaucoup de battage médiatique sur la montée en force de l’Afrique, mais je pense que la montée en force de l’Afrique ne peut pas se faire sans les Africains. Je savais qu’à ce stade, je devais rentrer au pays. C’est alors que je suis tombé sur un article dans un journal ghanéen relatant l’arrivée à l’hôpital d’une patiente avec une maladie cardio-vasculaire. La patiente dans un état déjà critique, est décédée avant que les médecins n’aient pu localiser dans les hôpitaux environnants, le médicament qui pouvait sauver sa vie. C’est de là qu’est né le concept mPharma’’, dira Grégory, qui fut bouleversé par ce fait divers. Dans un élan de presque rébellion, Grégory confesse qu’il ne comprend pas pourquoi de nos jours, en Afrique, que l’on peut commander de la nourriture, appeler un taxi, réserver une chambre d’hôtel et recevoir ces services instantanément, alors que pour les médecins, ils doivent encore passer des coups de téléphone pour localiser des médicaments. Et pourquoi les médecins devraient-ils aussi continuer à écrire des ordonnances sur papier, se demande t-il?

mPharma, mode d’emploi

mPharma est une application mobile qui offre une large base de données médicales, et jette les bases du premier réseau d’ordonnances électroniques en Afrique. mPharma a conçu une infrastructure et un système de suivi des médicaments qui connecte patients, pharmacies, médecins et hôpitaux, à un logiciel sur le cloud. Novartis, et Pfizer, deux des principaux géants de l’industrie pharmaceutique, sont déjà clients de mPharma, une année seulement après sa mise sur le marché. “Les grands groupes de télécommunication ont investi dans des tours avant de vendre des cartes SIM aux consommateurs. Notre application est la carte SIM que nous donnons aux docteurs et hôpitaux. Nous construisons les tours pour leur permettre d’utiliser l’application”, dira Gregory Rockson, fondateur de mPharma.

Le flair des autorités zambiennes, l’aubaine de mPharma

A ses débuts, Grégory n’avait pas d’argent et allier profitabilité et convaincre les organismes de le suivre, n’était pas simple. Les hôpitaux ne s’inscrivaient pas sur mPharma et les pharmacies ne voulaient pas nous lui donner accès à leurs stocks de médicaments. C’est par hasard, lors du Forum Mondial de la Santé auquel il participait à Genève, qu’un diplomate de la délégation zambienne, a entendu parler du concept de mPharma et a trouvé l’idée intéressante. Il invita Grégory à venir en Zambie pour lui présenter aux personnes du ministère de la Santé et peut-être lancer mPharma en Zambie. Et Grégory s’est envolé pour la Zambie et c’est de là bas, en Zambie que Grégory va mettre en place son premier programme pilote qui deviendra la phénoménale success story mPharma.

mPharma, un impact socio-économique

 Une fois que le patient quitte le cabinet du médecin, c’est généralement la fin de la relation médecin/patient. Si le patient ne revient pas, le médecin ne sait pas si le médicament a été acheté, prêté ou s’il est efficace. Il y a 1 médecin pour 15.000 habitants en moyenne en Afrique et les médecins n’ont pas le temps de suivre chaque patient. L’impact de mPharma est donc de construire cette infrastructure qui connecte les pharmacies les unes aux autres, fournit des données aux médecins en temps réel et relie les compagnies d’assurances. mPharma est bien plus qu’un ‘’simple’ logiciel. mPharma va au-delà du logiciel pour prendre en compte l’ensemble de l’écosystème, en connectant hôpitaux, médecins, patients et pharmacies, au réseau mPharma, en leur offrant un package comprenant la connectivité, les appareils mobiles et l’application sans frais. Quelques 99% des médicaments consommés en Afrique, sont importés. Les grands groupes de l’industrie pharmaceutique ont besoin de comprendre la consommation de médicaments sur le terrain pour identifier leurs besoins et allouer leurs ressources. Pour eux, mPharma est un outil de veille stratégique en temps réel.

Le business model de mPharma

 Grégory affirme  ‘lorsque vous passez presque six ans aux Etats-Unis et en Europe, vous avez tout un tas d’idées préconçues sur la manière dont les choses vont se passer. Lorsque vient le moment de passer à l’action la réalité est bien différente. mPharma est passé près de la cessation d’activité tant de fois. Et pour être tout à fait honnête, les quatre premiers mois, nous ne savions pas vraiment où nous allions mais, cela ne nous a pas empêché de nous engager dans l’aventure seulement si nous pouvions construire une entreprise commerciale. Aujourd’hui le secteur de la santé en Afrique est très largement financé par les donations. Ces organismes offrent une aide indéniable. Le problème selon moi est que ce ne sont pas des solutions durables. Cela nous a forcé à oublier les donations pour construire un business model qui donnerait vie à notre vision’’. Tout est dit….

Ayant été sélectionné sélectionné pour incuber dans le centre de R & D de Microsoft en Israël, Grégory y a domicilié le siège social de mPharma est à Tel Aviv d’où se trouvent ses équipes d’ingénieurs, avec des bureaux au Ghana, en Zambie et en Côte d’Ivoire. ‘’ C’est malheureux mais, cela nous donne plus de crédibilité que si nous étions simplement basé au Ghana ou ailleurs en Afrique. Nous avons conclu quelques deals simplement parce que nous avions une présence à l’international’’, renchérit Grégory Rockson, fondateur de mPharma.

Siré SY

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