Ecosystème IT & Startups

Atouts et Handicaps de 4 pays du Top 10 africain

En Afrique, l’écosystème pour inciter, encourager et faire émerger des startups dans le domaine des des innovations technologiques, nécessitent à la fois, une intelligente interaction entre les Startups, les Entreprises, les Gouvernements, les Institutions et les Investisseurs. Les Startups sont dans l’inspiration et dans l’idéation pour apporter des solutions technologiques aux questions économico-sociales. Mais l’inspiration et l’idéation, à elles seules, ne suffisent pas, si elles ne sont pas complétées par l’action. C’est là que les Entreprises interviennent et prennent le relais, pour amener les startups, de passer de l’inspiration et de l’idéation, vers le prototypage et l’amorçage, en mettant en place, soit des incubateurs ou des espaces de co-working pour promouvoir et soutenir de manière opérationnelle, les startups et leurs innovations technologiques. Une fois, que les pulsions d’idéation et d’inspiration commencent à se traduire en des réalités technologiques et applicatives, le Gouvernement devra jouer lui aussi son rôle de pouvoir publique et d’État dont la mission n’est pas initiale mais seconde. Ainsi, le Gouvernement intervient dans les incitations fiscales, dans les subventions publiques et autres concours. Le Gouvernement est alors un accélérateur pour les startups dans le domaine des innovations technologiques, quand les Investisseurs, eux, vont permettre et assurer la croissance d’abord puis l’expansion des startups, en les rapportant les ressources financières longues et les ressources techniques nécessaires, par le biais  des fonds du Capital risque ou les fonds de scale up. Tel est le cas logique de l’écosystème des startups dans le domaine des innovations technologiques. Dans une approche descriptive et comparative, voici les forces des écosystèmes IT et Startups, du Maroc, de la Côte d’Ivoire, du Kenya et du Ghana, des pays qui figurent tous dans le Top 10 des ‘’capitales africaines des startups dans le domaine des innovations technologiques’’. Le dossier de ”Bridges Builder”.

Maroc: Promotion et soutien opérationnel forts et Offre de fnancement faible

En termes de promotion et de soutien des startups, le Maroc est bien doté grâce d’abord à son Technopark de Casablanca (2001) qui est une référence africaine et mondiale en matière d’accompagnement des startups. Ensuite, les structures comme Startup Weekland, Startup Maroc Road Show, Injaz, Morocco Cisse, Start up Yourlife, Enactus, et des espaces de co-working comme Secteur 21, Emerging Business Factory, 7 A.Y et le Technopark de Casablanca, font du Maroc, une offre relativement développée en termes de promotion et de soutien opérationnel des startups dans le domaine des innovations technologiques. Sur ce volet, la faiblesse du Maroc réside principalement dans le développement des incubateurs spécialisés dans l’entrepreneuriat social, dans le financement de l’amorçage (OutlierZ), de la croissance et de l’expansion de ses startups (Azur Partners, SEAF. Autre handicap de l’écosystème du Maroc, est la faiblesse des fonds du Capital-risque, des fonds de Scalpe up (Endeavor) et des Business angels (MNF Angels) qui témoigne d’une offre insuffisamment couverte, quand la subvention publique et l’offre du crowdfunding, sont relativement faibles. Toutefois, des géants mondiaux comme Atos, IBM, Oracle, Sage ont choisi de s’installer à Casablanca et d’en faire une rampe de lancement vers l’Afrique. Sans compter, le secteur bancaire marocain,   avec l’intérêt grandissant de trois géants bancaires – Attijariwafa Bank, BMCE et Banque populaire –, qui investit jusqu’à 20 millions de dirhams (1,9 million d’euros) dans le secteur IT. Le Maroc s’est doté d’excellentes infrastructures en matière de connexion internet, et l’arrivée de la 5G, attendue pour l’année 2020, devrait au Maroc, de se positionner comme l’une des meilleures villes du continent en matière de connectivité. Avec 42 millions d’abonnements mobiles, le taux de pénétration des smartphones au Maroc a atteint 70% en 2017. Cependant, le Maroc est conforté à l’absence de data centers (serveurs d’hébergement en cloud). Enfin, reste la question des compétences. Si le Maroc forme des ingénieurs et des techniciens compétents, nombre d’entre eux sont attirés par l’étranger.  Plus de 2 000 jeunes quittent chaque année le pays, regrette Mehdi Alaoui, directeur de la Factory, une structure spécialisée dans le coaching des start-up. Même si les salaires augmentent de 20% à 40% par an pour les ingénieurs et les techniciens, cela n’est pas suffisant pour les retenir.

Côte d’Ivoire

Promotion et soutien opérationnel développés, des fonds d’amorçage et de croissance faibles

A l’image du Maroc dont elle s’est inspirée en mettant en place sa Technology Park, la Ce d’Ivoire présente un cadre de promotion et de soutien opérationnel aux starts up évoluant dans les innovations technologiques, une offre relativement développée. Sous ce chapitre, en termes de promotion (atp, French Tech Abidjan, Orange, African Web Festival, Akendewa) tout comme en termes d’Incubateurs (ADN, Vitib, Prodije, Seedstars, Incub’Ivoir, Baby Lab,Y’ello Startup) et en termes d’espaces de co-working (JokkoLabs, Akwaba Village, Colab), le soutien des concours comme la CGECI, le Ministère Ivoirien de la Communication, de l’Economie Numérique et Microsoft, font de la Côte d’Ivoire au niveau des pays francophones de l’espace Uemoa, une place incontournable. Cependant, deux obstacles freinent tout le potentiel de la Côte d’Ivoire dans le domaine des startups évoluant dans les innovations technologiques, la faiblesse de l’offre des fonds d’amorçage et de subventions publiques qui se répercutent au niveau de la croissance et du développement de ses startups, d’une part et d’autre part, l’absence d’implantation de grands groupes dans le domaine du Capital-risque et de l’accompagnement technologique. Dans le domaine des infrastructures, la Côte d’Ivoire es déjà dotée de trois câbles sous-marins et a inauguré un quatrième, en octobre dernier, en attendant un cinquième câble, annoncé d’ici à la fin de l’année 202. En Côte d’Ivoire, il n’y a pas de taxes pour les SARL dont le capital est inférieur à 10 millions de francs CFA. Et les entreprises installées dans la zone franche technologique de Grand Bassam, bénéficient d’une exonération fiscale pendant cinq ans, puis paient 1% d’impôt à partir de la sixième année, entre autres facilités.

Kenya:

Très en avance dans la Promotion, l’Incubation et l’Accélération, Handicap en Capital-amorçage et en Capital-risque insuffisamment couverte

Au Kenya (tout comme au Nigéria, en Afrique du Sud et en Egypte), comparé aux espaces francophones, c’est comme entrer dans un tout autre monde, dans le domaine des innovations technologiques et de l’entreprenariat. Le Kenya, pays de la finance mobile et capitale mondiale de la e-Money, dispose d’un cadre de promotion, d’incubateurs et d’accélérateurs, des espaces de co-working et des soutiens de concours, très bien développés. Si au niveau de la promotion, SOAR et New Tech Africa, donnent le go, c’est au niveau de l’épaisseur de ses incubateurs et accélérateurs, que le Kenya fait parti un champion africain. Unreasonable East Africa,The Tony Elumelu Foundation, Sinaps, NailLab, Eila Africa, mLab, B.A, Spring, Kenya Climate Innovation, IU, pour ne citer que ceux là, font que le Kenya est devenu un African Player dans le domaine des startups évoluant dans le domaine des innovations technologiques. La seule faiblesse de l’écosystème kenyan, reste l’offre relativement non couverte en termes de Capital d’amorçage et de Capital-risque, avec des subventions publiques extrêmement limités. Les services comptent pour la moitié du PIB kenyan grâce (par ordre d’importance décroissant) à l’immobilier (8,9%), à la grande distribution (8,8%), au transport (8,3%), à la finance et aux assurances (7,4%), à l’éducation (6,1 %), à l’administration publique (5,4%), aux professions libérales (2,5%), à la santé (1,8%) et aux technologies de l’information et de la communication (TIC) (1,6%).En termes d’emplois, les secteurs qui représentent la part du PIB la plus importante se retrouvent en fin de classement. La santé, l’éducation, les TIC et l’administration publique sont les plus gros pourvoyeurs d’emplois, alors que la finance, les assurances et l’immobilier sont derniers Le développement des TIC est remarquable, avec l’exemple le plus connu de M-Pesa, une application de paiement mobile, aujourd’hui le leader en la matière. L’application est utilisée par les deux tiers de la population kenyane et permet le transfert de l’équivalent de 25% du PIB. La viabilité du système dépend du taux élevé de pénétration de la téléphonie mobile qui atteint près de 90%. Environ 40% de la population a accès à Internet.

Ghana:

L’écosystème la plus aboutie et accès au financement le moins difficile en Afrique

 Ce qui fait l’originalité et de le dynamisme de l’écosystème du Ghana, réside à son solide réseau d’universités locales telles que des institutions publiques comme l’Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah (KNUST) et l’Université du Ghana, ainsi que des universités privées comme l’Université Ashesi (fondée par l’ex-Microsoft Patrick Awuah). Ce qui fait à l’échelle Ghana, l’écosytème pénètre le tissu économique et les centres technologiques. A titre d’exemple, quand iSpace et Impact Hub ouvre Accra la ville ghanéenne la plus active en termes de technologie, des hubs comme Kumasi Hive ouvrent la voie à Kumasi, tandis que la HOPin Academy  ouvrent la voie à Tamalé et Ho Node ouvre la voie dans la région de la Volta. Et ces pôles technologiques travaillent ensemble en collaboration, se soutenant mutuellement par le biais du réseau des centres technologiques et commerciaux du Ghana (TBHNG) dans le but principal de créer des grappes d’innovation prospères à travers le pays. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que Google a choisi le Ghana pour ouvrir son premier centre de recherche sur l’Intelligence artificielle. Du point de vue infrastructure, la position du Ghana sur la côte ouest-africaine et sa stabilité politique en ont fait un point d’atterrissage clé pour les câbles de télécommunications sous-marins internationaux. Il est relié à moins de cinq grands câbles internationaux, dont le système de la côte africaine à l’Europe; le câble Glo-1 entre le Royaume-Uni et le Nigéria; le câble de l’Atlantique Sud 3 / Afrique de l’Ouest reliant l’Afrique du Sud au Portugal et à l’Espagne; le système de câble de l’Afrique de l’Ouest; et le lien principal entre le Portugal, le Nigéria et plusieurs autres pays d’Afrique de l’Ouest. Le Ghana dispose ainsi d’une importante capacité de communication internationale. L’un des principaux facteurs à l’origine de la croissance des nouvelles entreprises technologiques est l’écosystème de soutien. Un cercle vertueux a été créé dans lequel des entreprises établies soutiennent le développement de facultés universitaires et collégiales axées sur les secteurs liés à la technologie, ainsi que le mentorat dans les incubateurs technologiques du pays.

Par ailleurs, deux handicaps risquent de ralentir la bonne dynamique de l’écosystème des startups du Ghana: le financement et les ingénieurs hautement qualifiés qui préfèrent de plus en plus regagner les grandes entreprises. En effet, alors que le processus d’obtention de crédit est plus simple au Ghana que dans de nombreux autres pays d’Afrique subsaharienne, un grand nombre de startups ne peuvent toujours pas se permettre d’obtenir un prêt bancaire car les taux d’intérêt ont tendance à être très élevés – généralement à deux chiffres.

Siré Sy

Voir aussi:
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Kenya: 52 millions de connexions mobiles et 17% de pénétration des réseaux sociaux
Côte d’Ivoire: 12 millions d’internautes et une connexion mobile à 131% de la population
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